L’enseignement de Galen Rowell

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12844-france-Seine-Maritime-Les-Hayons-Pays-de-Bray-panorama-sentucqLever de soleil dans le pays de Bray, Avril 2011 [Assemblage de 3 photos au 200 mm]

Au-delà de son talent et de son art opiniâtre et inspiré, Galen Rowell (1940-2002) reste un mentor pour de nombreux photographes intrépides de plein air. Par bien des aspects, son enseignement reste toujours d’actualité.

Dans notre société d’innovation permanente et épuisante, l’essentiel finit par être perdu de vue. Aux questions qu’on lui posait souvent : « Quel est le meilleur appareil ? Comment avez-vous pris cette belle image ? », Rowell répondait malicieusement : « La meilleure réponse est toujours le boîtier que vous avez avec vous. Pour la méthode, f/8 et être sur place ». Il rappelait ainsi que les réglages de l’appareil sont bien moins importants que d’être au bon endroit au bon moment, et qu’il fallait investir beaucoup de temps sur le terrain afin d’y être quand une bonne lumière se présentait.

Galen préfigure aussi la photo moderne qui ne cesse de s’alléger. Il était un photographe mobile préférant le matériel léger qui tendait à « libérer la créativité ». En ne s’encombrant pas, il restait aventureux et s’autorisait les cadrages les plus audacieux.

De nos jours, l’automatisation est clamée faire de nous tous des artistes… A quelques détails près, que nous rappelle Galen Rowell.

– La composition a complètement défié l’automatisation, et il en sera toujours ainsi. Il n’y a pas de règles absolues. Elle est le résultat de choix et de compromis, destiné à plaire à l’œil, conduite bien plus par l’intuition qu’un ensemble de règles.

– Trois éléments sont essentiels dans la construction d’une (bonne) photo : la compétence technique, une lumière magique et une vision personnelle identifiable.

– L’oeil doit se retrouver conduit dans la photo, et l’on essaie d’éliminer tous les éléments qui ne permettent pas d’atteindre cet objectif. On garde ceux qui se renforcent et entretiennent des relations géométriques harmonieuses et créent un message clair.

– Une image propre à créer une émotion doit transcender la réalité à l’aide de la « vision sélective » du photographe et non tenter de la répliquer fidèlement.

Pour se replonger dans sa pensée éclairante, son livre de référence reste : Moutain Light.

« Quand j’attends que la chance me sourit en allant à l’aventure en plein air avec un appareil photo, j’ai souvent le sentiment qu’il n’y a rien au monde que j’aimerais plus faire et aucun autre endroit où je serais plus à ma place. »

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