Confidence d’un panoramiste

Avr
30

13583 Maison et arbre dans la lavande, plateau de Valensole (Alpes-de-Haute-Provence), JuilletL’aube sur le plateau de Valensole, solitude ou plénitude ?

La photographie est pour moi une philosophie de vie, un prétexte au quotidien pour ouvrir les yeux, chercher des petites scènes qui me donnent du baume au cœur et enchantent ma vie.

La photographie est aussi pour moi un moyen de transmettre, comme mon précédent métier d’enseignant. Via mes livres ou mon site, j’aime distiller l’envie de se rendre sur des lieux ayant une âme.

Mon travail se compose exclusivement de panoramas, le cinéma de la vraie vie. Il permet l’immersion dans le paysage, l’impression de poser ses pieds dans les pas du photographe pour entrer dans le décor, la même rotation de la tête quand le regard parcourt l’horizon.

Ma préférence va aux paysages de France. On y rencontre toutes les ambiances géologiques du globe. On peut y dénicher des merveilles cachées, des lieux exotiques, insolites à coté de chez soi, c’est avant tout la façon de regarder qui compte.

Mes images transpirent ce qui est essentiel à ma vie : l’espace, déployé par le panorama, le silence et le calme qui en émanent, et la lenteur, perceptible dans la durée apparente des temps de pose. Mes photos invitent à se mettre en retrait de l’agitation ambiante, à retrouver la quiétude.

Je suis tributaire de la lumière extérieure, la patience et le temps sont mes alliés. La lenteur me va bien. C’est la valeur fondamentale que notre époque tente peu à peu de gommer.

L’aube et le crépuscule sont le théâtre de scènes merveilleuses, moments de communion avec l’esprit des lieux. Ces moments de solitude me permettent de me ressourcer et me retrouver, pour mieux échanger ensuite avec les autres. L’observateur s’imaginera à son tour entrer dans l’image avec le même privilège.

L’uniformisation des paysages en cours, leur industrialisation, les panneaux publicitaires… constituent une agression permanente pour notre regard, empêche les temps de rêveries, tue notre imaginaire. Mon rôle est de continuer à enchanter, montrer des lucarnes de rêves.

Note : ce texte de mars 2015 est la ré-écriture d’extraits de l’interview donné dans la revue Kaisen n°9, été 2013.

2 réflexions au sujet de « Confidence d’un panoramiste »

  1. Julius Schiesser

    Hello,

    I hope everything is going well. I just wanted to ask you of you know who the original owner of the picture is? I would be iportant for my to know.

    Merci beaucoup,
    Julius Schiesser

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