Bivouac en immersion

Oct
9

Bivouac en immersionBivouac près de la Croix du Lautaret, Vercors. Lever de soleil derrière le Dévoluy.

Cosmophobie
Les médias nous abreuvent d’histoires inquiétantes. A devenir de plus en plus peureux vis à vis du monde naturel et à s’en éloigner toujours plus. Sauf que c’est statistiquement moins dangereux de marcher seul dans des zones sauvages que de conduire sa voiture. Alors pour se guérir de ce genre de peur, il faut s’entraîner à sortir et à profiter de la nature le plus souvent possible. Pour permettre de développer et nourrir ses propres inspirations, soit faire ce qui nous attire et nous exalte.

Bivouac à la Terrason
Alors pour les téméraires, voici l’expérience proposée dans son livre « La peur de la nature » où il analyse ce qui, dans notre culture, pousse au rejet d’une nature non aménagée par l’homme, ressentie comme source de dangers. Ce test est à faire lors d’un bivouac en montagne, sans source de lumière, sans musique, sans doudou, sans personne à qui parler… Just you. Se protéger ou s’immerger, telle est la question de ce ‘Connais-toi toi-même’.
« Seul dans le noir, la nature m’entoure de ses bruits sur fond de silence et : 1. je me sens bien, je médite, je dors ou 2. au secours, je suis recroquevillé de peur et je m’épuise. »

Camping sauvage et photographie de paysage
Le camping sauvage offre de nombreux avantages pour le photographe de paysage :
– on est sur place au lever/coucher de soleil et on peut donc plus dormir la nuit ;
– une marche d’approche ou de retour en été nous prive d’heures de sommeil sans bruit et sans chaleur ;
– on accède à des vues rares dans une ambiance unique : la plupart des photos sont prises près de la route, ou lors sur de courtes promenades ;
– on se fait plaisir et on peut partager un bon moment avec un ami qui nous accompagne ;
– on retrouve la forme à porter son matos photo en plus de son matériel de bivouac, on finit par trouver l’équilibre entre la fatigue musculaire et la création intellectuelle et artistique, excellent moyen de bannir la paresse photographique ;
– on apprend à simplifier, à se concentrer sur ce qui est vraiment important, les images : hop le troisième objectif, hum les nouilles asiatiques… la nourriture qu’on a dû porter a toujours meilleur goût ;
– on économise de l’argent, l’hébergement sous tarp ou toile de tente ayant un prix défiant toute concurrence… et quasiment garanti sans problème de bruit de voisinage ;

Une école de survie
Et on continue sur la lancée :
– on prend conscience de l’importance de l’eau, de sa densité… on apprend à boire au ruisseau, à la filtrer au besoin ;
– on découvre la polyvalence du système multi-couches, la joie de s’habiller et de déshabiller sans cesse pour réguler sa température ;
– on se forme aux premiers secours, nécessaire à la ville comme à la montagne ;
– on s’initie à trouver le meilleur lieu de campement (sol sec, plat, à l’abri du vent et du froid) qui peut être choisi avec les critères inverses en été ;
– on apprend à s’orienter, à lire les paysages, à prévoir la météo, voire même comprendre la nature ou, plus fou, commencer à l’aimer.

Deux approches
Le lièvre : rapide et léger, loin et haut
et la tortue : porter plus lourd et aller moins loin, moins haut, moins vite
à adapter suivant les circonstances, votre état de forme, votre humeur du moment.

Et les soirées au bivouac… on chante :
Marchons de bon matin
Marchons sur les chemins
Sur les plaines avec ferveur
Laissons chanter nos cœurs
(extrait de Yop Ho de Chanson Plus Bifluorée, texte complet)

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