Continuer ? – 6/6 – Que cache la crise photographique ?

Mai
12

15061 Lac de tourbière de l'Esclauze, Artense (Puy-de-Dôme), Juillet‘Les matins où l’or d’un soleil tout neuf tremblait sur les rides d’une eau paisible’
(Jonathan Livingstone le goéland)

A quoi bon faire cette photo, d’autres l’ont déjà faite ? Voici la question que la grande majorité de photographes finit par se poser face au déferlement d’images postées sur la toile. Mea culpa, en 2014 j’ai ruminé cette sombre pensée. Mais, de cette épreuve, j’ai retiré un nouvel élan, je parlerai même d’un éveil : s’est révélé ce qui comptait vraiment pour moi. Depuis, j’ai élaboré mon concept d’images fusionnées*1, j’ai accentué l’intrication de la philosophie et de la science dans mes écrits*2 et mes projets*3.

Retour sur mon analyse.

Le processus de création dans son entier procure de la joie : de l’inspiration à la conception et la capture du moment décisif jusqu’à la satisfaction et l’émerveillement de cette expérience puis la sélection, le travail de post-traitement et l’impression.

En interagissant avec les éléments de la composition comme le profane n’en est pas capable, on apprend à voir le monde d’une manière plus riche. La quête d’une belle image nous oblige à noter les détails, les subtilités de lumière… Elle contribue grandement à nous ancrer dans le présent, éveille tous nos sens, suscite le plaisir et le désir d’être en vie. Cette sensation de faire un tout avec l’humanité et le monde sensible qui nous entoure procure un fort effet thérapeutique.

Le photographe de paysage doit prendre de bonnes décisions tout au long du processus. Il lui faut analyser, sentir, réfléchir, se fier à son instinct, être méthodique, faire preuve d’un bon jugement, avoir une vision claire… afin de développer ses capacités artistiques. L’activité photographique s’appuie fortement sur l’esprit, le corps et le mental. C’est une fusion de la science, de l’artisanat et de l’art qui permet de réunir et faire s’exprimer toutes les facettes de notre être. Un acte de vision totale.

Finalement, ce découragement face à la surexposition du travail des autres révèle un manque de créativité. C’est regrettable mais cette crise peut se métamorphoser en une opportunité d’élever son esprit, se libérer des chaînes qu’à son insu on s’est posées. Continuer à produire des images « attendues », à quoi bon en effet ?! Mais réaliser des photos qui symbolisent ce que l’on est, qui représentent quelque chose pour soi, c’est la seule chose qui compte.

Désormais, on se doit de penser systématiquement à ce qu’on essaie d’exprimer et de transmettre. La qualité prime sur la quantité. ‘Douze photographies significatives chaque année est une bonne récolte’ disait Ansel Adams. Il sous-entendait 12 bonnes images qui resteront dans le temps. La photographie artistique enrichit la vie et procure des expériences sacrément plaisantes. La vie sans forme de créativité me semble une existence stérile.

Pour conclure, je citerai cet aphorisme de l’écrivain Richard Bach, l’auteur de ‘Jonathan Livingston le goéland’, livre de mon enfance qui a guidé mon choix de vie. On y lisait dans la préface : ‘Découvrez ce que vous aimeriez faire et faites tout votre possible pour y parvenir.’

*1 cf l’article dans Chasseur d’Images
*2 cf mes articles sur mon blog tagués philosophie
*3 cf le projet Biosphère Dordogne

Une réflexion au sujet de « Continuer ? – 6/6 – Que cache la crise photographique ? »

  1. Stephen Midgley

    j’ai trouvé l’image de Belvédère de Gratte-Bruyère et je trouve magnifique. Je commence a découvrir la Dordogne avec le travail que je fait sur les barrages de la Vienne et la Dordogne et quand j’ai tombé dessus cette image il ma captivé. il y a un beauté capturait dans cette image qui a vraiment un valeur mondial.
    Et quand je cherche qui a pris cette image, je tombe sur vos réflexions sur ‘pourquoi’ prendre les photos.
    Donc, je vous confirme que vous devez continuez parce que pour les personnes comme moi, toujours entrain d’écrire des rapports devant l’ordinateur, des beaux images comme ça, enlève la journée et mes réflexions vers le monde que j’aime et la beauté qui m’inspire de sortir quand je peux.

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